Guide · Kinésithérapie
Rééducation après ligamentoplastie du LCA : les grandes phases
La rééducation après reconstruction du ligament croisé antérieur suit une progression en plusieurs phases, du post-opératoire immédiat jusqu'au retour au sport. Voici une trame générale de repères, à adapter au protocole du chirurgien et à chaque patient.
Après une ligamentoplastie du LCA (greffe tendineuse), la rééducation vise à protéger la greffe, restaurer la mobilité et la force, puis réintégrer progressivement les contraintes sportives. La logique est toujours la même : progresser par étapes en fonction de la cicatrisation et des critères atteints, jamais du seul calendrier. Les délais et autorisations dépendent du type de greffe, du geste associé (ménisque, autres ligaments) et des consignes de l'opérateur.
Phase 1 — Post-opératoire immédiat
Les premières semaines cherchent à contrôler les suites opératoires et à réamorcer le contrôle musculaire, dans le respect des consignes de mise en charge et d'immobilisation données par le chirurgien.
- Lutte contre la douleur et l'œdème — repos relatif, surélévation, cryothérapie selon les habitudes du service.
- Réveil du quadriceps — contractions isométriques, verrouillage actif, travail du contrôle rotulien.
- Mobilité précoce — récupération progressive de l'extension complète, flexion selon les autorisations.
- Marche — remise en charge et sevrage des aides techniques selon le protocole.
Phase 2 — Récupération de l'amplitude et du quadriceps
L'objectif est de retrouver une amplitude complète et indolore et un contrôle musculaire de base, condition avant tout renforcement plus soutenu.
- Amplitude — priorité à l'extension symétrique, puis gain de flexion.
- Renforcement analytique et fonctionnel léger — chaîne fermée privilégiée, dans les secteurs sécuritaires.
- Proprioception — travail de l'appui et de l'équilibre en charge progressive.
- Contrôle de la marche — recherche d'un schéma symétrique et fluide.
Phase 3 — Renforcement progressif
Quand l'amplitude est acquise et la marche normalisée, le renforcement monte en intensité pour combler le déficit de force par rapport au côté sain.
- Renforcement quadriceps et ischio-jambiers — charge croissante, chaîne fermée puis ouverte selon les autorisations.
- Travail global du membre inférieur — fessiers, contrôle du genou en charge, gainage.
- Proprioception avancée — instabilité contrôlée, appuis variés.
- Réintroduction de l'endurance — vélo, puis activités adaptées.
Phase 4 — Réathlétisation
Cette phase prépare la reprise sportive : elle réintroduit la course, les sauts et les changements de direction de façon graduée.
- Reprise de la course — sur critères de force et de contrôle, jamais sur le seul délai.
- Pliométrie et sauts — du bilatéral vers l'unilatéral, qualité d'amorti d'abord.
- Agilité et gestes spécifiques — pivots, accélérations/décélérations, gestes du sport pratiqué.
Critères de retour au sport
Le retour au sport ne se décide pas à une date fixe mais sur un faisceau de critères objectifs, en lien avec le chirurgien et le médecin du sport.
- Symétrie de force — déficit résiduel jugé acceptable par rapport au côté sain.
- Tests fonctionnels — batteries de sauts, contrôle en réception, confiance du patient.
- Absence de douleur et d'épanchement lors des contraintes progressives.
- Aspects psychologiques — appréhension et confiance dans le genou.
Cette trame est un repère d'organisation général et ne remplace pas le protocole du chirurgien. Les délais, autorisations de mise en charge et progressions doivent être adaptés à chaque patient, au type de greffe et aux gestes associés, en suivant les recommandations professionnelles en vigueur. Le jugement clinique reste celui du praticien.
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